Confidences respiratoires en guise d’introduction

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Tous les êtres doués de sensibilité souffrent au cours de leur vie. Voilà pour la lapalissade. À une période de ma vie, j’ai connu une très grande souffrance. Pour une personne d’un naturel plutôt optimiste et joyeux, ce fût une expérience déroutante. Vivre dans des zones de gris me rend inconfortable. Ainsi, j’ai été totalement prise au dépourvu non seulement par l’intensité de mon abattement, mais par sa constance et, surtout, par sa longévité. Je ne savais simplement pas quoi faire de toute cette tristesse. Je n’avais ni les moyens ni les connaissances pour fermer le chasme pas même pour construire une petite passerelle. Pourtant, il le fallût bien.

Une connaissance m’avait parlé d’un cours de yoga en me disant « ça remet les choses en place ». J’ai donc poussé la porte du local pour découvrir, dès la première séance, une porte de sortie.

Après ces épanchements, passons aux choses pragmatiques. Qu’est-ce que le yoga m’a apporté? Le calme, d’abord. Vu l’état dans lequel j’étais lors du premier cours – une boule de tension avec décharge explosive – c’était déjà beaucoup. En fait, c’était tout ce que je recherchais à ce moment-là : apaiser mon esprit agité, torturé, épuisé.

À travers le yoga, j’ai appris à respirer, à méditer. Tous les aspects du yoga ne m’inspirent pas. Je ne suis pas portée sur le divin ni le sacré, j’abhorre les dogmes, je ne comprends pas la dévotion ni la vénération et, en ce sens, j’ai un grand besoin de liberté. Il nous arrive parfois d’atteindre une certaine sagesse — ou est-ce de la simple survie? — bref, vient un moment où nous savons prendre uniquement ce dont nous avons besoin et laisser de côté des choses qui autrement ou dans d’autres circonstances nous dérangeraient.

Le yoga n’est pas un remède miraculeux et ne fait pas disparaître les souffrances du jour au lendemain. Restons lucides, rien n’arrive à un tel résultat. C’est dans la durée et la régularité qu’on améliore son bien-être. Le yoga m’apprend à lâcher prise au quotidien. C’est un moment privilégié avec moi-même où je me centre sur moi de façon plus détachée. J’aime que le chemin pour arriver dans une posture de yoga et en sortir soit tout aussi important que le maintien de la posture elle-même. Ce qui me plaît le plus, c’est de faire travailler uniquement ce qui doit l’être pour se maintenir dans la posture, sans crisper le reste du corps. Cela demande un réajustement constant par des micro-mouvements et la respiration dans les zones d’inconfort et, surtout, une grande présence à soi, qui est pour moi, l’essence du yoga. C’est d’arriver à sourire intérieurement dans la posture et à respirer calmement, souplement, amplement.

Je dis souvent à mes enfants que nous sommes faits d’ombre et de lumière. C’est à nous de choisir où nous mettons l’emphase pour développer nos qualités personnelles. La rancœur et la rumination sont non seulement inutiles, elles sont nocives. C’est un des pires traitements pour les afflictions en tout genre. Lâcher prise sur les choses qu’on ne peut pas contrôler est un long apprentissage qui demande une vigilance constante. Le yoga m’apprend à apprécier les moments heureux de la vie sans me laisser abattre par les moments moins heureux. Ça a remis les choses en place, en effet.

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